L’IA Générative et l’avenir des professions : Automatisation ou transformation ?

L’IA Générative et l’avenir des professions : Automatisation ou transformation ?

L’intelligence artificielle générative (GenAI) suscite de nombreuses interrogations quant à son impact sur le monde du travail. Remplacera-t-elle certains emplois ou les transformera-t-elle en profondeur ? Alors que la technologie évolue rapidement, des chercheurs de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ont développé une méthodologie visant à estimer les effets potentiels de la GenAI sur les différentes professions et, par extension, sur l’emploi.

En effet, chaque profession est composée de plusieurs tâches, dont certaines sont plus susceptibles d’être automatisées que d’autres. Pour évaluer cette probabilité, les chercheurs ont attribué à chaque tâche un score entre 0 et 1, 0 signifiant qu’elle est impossible à automatiser et 1 indiquant qu’elle peut l’être entièrement. Sur cette base, les professions ont été regroupées en quatre catégories principales :

1. Potentiel d’automatisation : les emplois où la majorité des tâches peuvent être exécutées par la GenAI. Ces professions sont donc les plus exposées à la disparition ou à une forte réduction des besoins en main-d’œuvre humaine.

2. Potentiel de transformation : les professions où certaines tâches peuvent être automatisées, mais où le travail humain reste central. Ici, l’IA générative sert davantage d’outil d’optimisation et d’accélération des tâches plutôt que de remplacement intégral.

3. Grandes inconnues : une zone intermédiaire où l’équilibre entre tâches automatisables et non automatisables reste incertain. Cet équilibre évoluera avec les avancées technologiques.

4. Peu concernées par l’IA : les professions principalement manuelles ou nécessitant une forte interaction humaine directe, comme les métiers du bâtiment, des soins de santé ou de l'agriculture.

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Quel impact sur l’emploi au niveau mondial ?

Selon les études, l’impact de la GenAI sur l’emploi varie selon les régions et le niveau de développement économique des pays.

Dans les économies à revenu élevé, l’automatisation touche une part plus importante de la main-d’œuvre, en raison de la diversification des secteurs économiques et de l’implantation accrue des nouvelles technologies.

En revanche, dans les économies à faible revenu, l’exposition à l’automatisation est nettement plus réduite, car une grande partie de la population active travaille dans des secteurs peu affectés par la GenAI, comme l’agriculture ou la vente informelle.

Une majorité d’emplois appartenant à la catégorie de la transformation laisse penser que, pour l’instant, l’IA générative servira avant tout de levier de productivité plutôt que de substitut à la main-d’œuvre humaine.

Cependant, la fracture numérique reste un facteur déterminant dans l’inégale distribution des bénéfices de l’IA. Les pays les plus avancés technologiquement risquent d’en tirer un avantage disproportionné, tandis que les pays en développement pourraient avoir du mal à exploiter pleinement ces technologies en raison d’un accès limité aux infrastructures numériques et à la formation.

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Quel avenir pour la RDC face à  l’IA Générative ?

En République Démocratique du Congo, l’impact de l’IA générative sera modulé par plusieurs défis structurels : la faiblesse des infrastructures numériques, l’accès limité à l’électricité et à Internet, ainsi qu’un marché du travail majoritairement informel. Toutefois, certains secteurs, comme l’administration, l’éducation et les services, pourraient bénéficier d’une transformation progressive grâce à ces technologies.

Pour que la RDC ne soit pas laissée pour compte dans cette révolution numérique, il sera essentiel d’investir dans la formation aux outils d’IA, de renforcer les infrastructures technologiques et d’encourager l’innovation locale. L’IA générative pourrait ainsi devenir une opportunité pour améliorer la productivité et moderniser certains secteurs, plutôt qu’un facteur d’exclusion du marché mondial du travail.

Eldad B.