RDC: Le Panel des Experts de la société civile dénonce les discours d'incitation à la haine prononcés par J.P BEMBA

Le Panel des Experts de la société civile dénonce le Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports et Voies de Communication, Jean-Pierre Bemba pour ses déclarations susceptibles d'être qualifiées de "belliqueuses, négationnistes, divisionnistes, irresponsables et dangereuses" contre la "cohésion nationale déjà en berne et les tensions politiques actuelles".
"Nous avons l'insigne honneur de vous approcher pour dénoncer par la présente les discours d'incitation à la haine propagés ces derniers jours par Monsieur Jean-Pierre BEMBA GOMBO, actuel Vice-Premier Ministre et Ministre des Transports et Communications", écrit-il dans une correspondance datée du 31 mars et adressée au Procureur Général près la Cour de cassation.
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A l'en croire, lors de ses multiples sorties publiques et meetings populaires, que ce soit dans la Mongala, à Boende dans la Tshuapa, à Mbandaka en province de l'Équateur, à l'UPN Kinshasa ou à Tshangu, Jean-Pierre Bemba a franchi la ligne rouge de la haine et de la diabolisation. Il aurait affirmé, selon ses propres termes, que « les Équatoriens étaient considérés comme des sous-hommes portant le code 32 en référence à la durée du règne du président Mobutu et devaient être écartés de la vie publique par le pouvoir venu de l'Est au profit des Baswahili ». D'autre part, il s'arroge les prérogatives d'attribution de la nationalité étrangère (rwandaise) à certains Congolais, comme le Président honoraire Joseph KABILA KABANGE, et de retrait de celle-ci à d'autres compatriotes selon sa propre volonté.
Pour cette société civile, ces déclarations de Jean-Pierre BEMBA, visant à opposer les Bangala aux Baswahili, sont susceptibles d'être qualifiées de « belliqueuses, négationnistes, divisionnistes, irresponsables et dangereuses » contre la cohésion nationale, déjà fragilisée par les affrontements interethniques à Kwamouth et en Ituri, ainsi que par la guerre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, sans oublier les tensions politiques actuelles. Ce qui est punissable par la législation congolaise.
Par ailleurs, il estime que ces propos relèvent de la qualification des discours de haine tels que définis par les Nations Unies, à savoir : « tout type de communication, qu'il s'agisse d'expression orale ou écrite ou de comportement, constituant une atteinte ou utilisant un langage péjoratif ou discriminatoire à l'égard d'une personne ou d'un groupe en raison de son identité, en d'autres termes, de l'appartenance religieuse, de l'origine ethnique, de la nationalité, de la race, de la couleur de peau, de l'ascendance, du genre ou d'autres facteurs constitutifs de l'identité », ce qui est contraire aux valeurs humaines.
Eldad B.