Dépravation des mœurs : quelle leçon tirer de l’habillement indécent chez les jeunes Kinois ?

Dans plusieurs pays d’Afrique, les valeurs et la culture africaines, considérées comme sacrées, semblent disparaître de l’esprit de nombreux jeunes, qui se sont tournés vers la mode occidentale, tout en ignorant la notion de culture moderne.
À Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, l’éducation vestimentaire traditionnelle est bouleversée par l’influence des réseaux sociaux et des séries occidentales diffusées par nos chaînes de télévision.
De nombreux jeunes adoptent des comportements dépravés, irrespectueux et immoraux aux yeux de tous. La pudeur, qui était autrefois une valeur essentielle, est aujourd’hui piétinée. Les vêtements, censés couvrir le corps, jouent désormais un rôle contraire à leur fonction première : les jeunes s’habillent pour cacher uniquement leurs parties intimes tout en exposant d’autres parties de leur corps à la vue de tous.
Le plus alarmant, c’est de voir des enfants mal habillés sous l’impuissance de leurs parents, qui n’ont plus d’autorité sur eux. Ces derniers n’osent plus imposer de limites, car les enfants se croient supérieurs à leurs géniteurs.
Il est triste de constater que ces styles vestimentaires se retrouvent même dans les églises, considérées comme des lieux saints consacrés à l’adoration. Dans les milieux éducatifs (universités, écoles, centres de formation, etc.), ainsi que dans les environnements professionnels, tout semble permis, sans restriction ni barrière.
Aujourd’hui, exhiber son corps en public ne dérange plus la conscience de certains jeunes Kinois. Même des mariées et certaines personnes âgées cèdent à la pression du phénomène “kilelo”, se sentant libres de s’habiller selon leur propre perception de la mode.
D’après un constat fait par Cocorico.cd, voici quelques tendances vestimentaires chez les jeunes :
Chez les hommes : pantalons taille basse (laissant apparaître les sous-vêtements), chemises portées sans singlet et déboutonnées pour exhiber la poitrine, pantalons kata-nfumbwa, vêtements moulants (serre-corps, collants), et hauts sans manches (bras cassés). Certains adoptent ces styles pour séduire avec leurs tatouages ou la pilosité de leur torse.
Chez les filles : la situation est encore plus préoccupante. Elles portent des vêtements très légers et provocants, laissant visibles des parties de leur corps considérées comme sacrées. Mini-jupes, mini-robes, collants parfois sans sous-vêtements, dos nus, t-shirts décolletés, robes transparentes ou avec des fentes exagérées, pantalons déchirés… Certaines utilisent même le système Nastro (porter un haut serré pour mettre en valeur la poitrine et attirer les regards des hommes).
Interviewée par Cocorico.cd, Medie Manda, une jeune Kinoise et étudiante finaliste à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), s’exprime sur cette modernisation qui, selon elle, déshonore la culture bantoue :
« Honnêtement, ce qu’on voit dans les rues de Kinshasa aujourd’hui fait réfléchir. Beaucoup de jeunes s’habillent comme s’ils n’avaient plus aucune notion de pudeur ou de respect d’eux-mêmes. Les filles montrent presque tout, les garçons se baladent avec des pantalons sous les fesses, et ça devient la norme. C’est comme si plus c’est choquant, plus c’est “tendance”. Mais au fond, ça reflète un vide, une crise d’identité. On copie ce qu’on voit sur internet sans filtre, sans réfléchir aux conséquences. Le respect de soi commence par la manière de se présenter au monde. Ce n’est pas être vieux jeu que de demander un minimum de décence. On peut être stylé, beau, à la mode… tout en restant digne. »
En effet, dans la culture africaine, la pudeur et la décence sont des valeurs fondamentales qui définissent un véritable Africain. Malheureusement, avec l’influence des Novelas et la modernisation copiée des Occidentaux, l’habillement ne couvre plus l’ensemble du corps, mais uniquement certaines parties jugées intimes.
C’est ainsi que se manifeste la dépravation des mœurs.
Rose Makengo