La RDC instaure des « frais de consolidation » de 3 % sur les minéraux en transit

La RDC instaure des « frais de consolidation » de 3 % sur les minéraux en transit

La RDC instaure des « frais de consolidation » de 3 % sur les minéraux en transit 

Afin de rationaliser le processus d'exportation des minéraux et de remédier aux problèmes persistants de mélange des lots, la République démocratique du Congo (RDC) a instauré une nouvelle taxe minière, la « Taxe de consolidation ». Fixée à 3 % du prix officiel du gouvernement, cette taxe a été annoncée par le Commissaire en chef aux mines lors de l'inauguration d'une mine d'or dans la province du Katanga, l'une des régions les plus riches en minéraux du pays. Cette annonce intervient dans un contexte de préoccupations croissantes de la part des négociants et des exportateurs concernant le mélange non autorisé des lots de minéraux, qui a engendré des litiges, des pertes financières et des complications dans la chaîne d'exportation. La Taxe de consolidation vise à réglementer cette pratique en imposant une redevance standardisée sur les minéraux en transit et prêts à l'exportation. 

Contexte et justification 

La RDC est le premier producteur de cobalt d'Afrique et un important fournisseur de cuivre, d'or et d'autres minéraux essentiels aux industries mondiales telles que l'électronique et les énergies renouvelables. Cependant, le secteur minier est confronté à des problèmes tels que l'exploitation minière artisanale, la contrebande et des difficultés logistiques. Cette nouvelle taxe s'inscrit dans le cadre d'efforts plus larges du gouvernement visant à renforcer la transparence et le contrôle de la manutention des minéraux. « Le mélange de lots de minéraux sans préavis a engendré d'importantes perturbations », a déclaré le Commissaire en chef aux mines lors de son allocution aux parties prenantes. « Cette taxe contribuera à consolider les opérations et à garantir la responsabilité de tous les acteurs impliqués dans le processus d'exportation. » Les négociants et les exportateurs ont la possibilité de demander des dérogations, leur permettant ainsi de solliciter des réductions ou des exemptions de cette taxe. La procédure de demande, dont les modalités devraient être précisées dans la réglementation à venir, sera gérée par le ministère des Mines. 

Conséquences pour le secteur 

Les experts du secteur estiment que cette taxe pourrait avoir des effets mitigés. D'une part, elle pourrait dissuader les mélanges non autorisés et améliorer l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement. D'autre part, elle pourrait alourdir les coûts opérationnels des petits négociants, déjà confrontés à des frais de transport et de transformation élevés. « Le secteur minier de la RDC est vital pour l'économie, contribuant de manière significative au PIB et à l'emploi », a souligné un porte-parole de la Chambre congolaise des mines. « Toute nouvelle réglementation doit concilier la génération de recettes et la nécessité de soutenir le développement durable. » La taxe s'applique spécifiquement aux minéraux en transit, prêts à être exportés, à l'exclusion des matières premières encore en cours d'extraction. Cette approche ciblée vise à se concentrer sur les dernières étapes du processus d'exportation. 

Réactions et prochaines étapes

 Les premières réactions du secteur minier ont été empreintes de prudence. Certains négociants ont salué cette mesure comme un pas vers une meilleure organisation, tandis que d'autres ont exprimé des inquiétudes quant à une possible hausse des coûts à l'exportation, susceptible d'affecter la compétitivité sur les marchés internationaux. Le gouvernement s'est engagé à fournir des formations et un soutien afin d'assurer le respect de la réglementation. Des précisions sur sa mise en œuvre, notamment le calendrier et les critères d'exemption, devraient être publiées dans les prochaines semaines. Alors que la RDC poursuit la réforme de sa politique minière, cette nouvelle taxe témoigne des efforts déployés pour exploiter de manière responsable et équitable les vastes richesses minérales du pays.